Mon travail se caractérise par une peinture-matière expérimentale, réalisée sur aluminium ou liège et enrichie de matériaux variés. Mes tableaux comme mes sculptures explorent la relation entre support, texture, lumière et couleur, dans une démarche intuitive qui produit des compositions abstraites évoquant des paysages sensibles et minéraux.
Ces deux types de support me permettent de créer des surfaces vibrantes, où pigments, pâtes acryliques, vernis et éléments minéraux se superposent et se transforment.
1. Une peinture de matière et de relief :
La dimension matérielle est centrale dans ma pratique. Les tableaux ou les sculptures sont construits par accumulation et transformation de matières, créant des surfaces riches en relief et en profondeur.
Ces assemblages donnent aux œuvres un caractère presque sculptural, où la peinture devient un terrain d’expérimentation tactile autant que visuel.
-Le rôle du support métallique-
Le choix de la plaque d’aluminium est déterminant :
• elle renforce les effets de lumière et de reflets,
• elle apporte une dimension contemporaine et industrielle au support,
• elle permet d’intégrer différents matériaux sans se limiter aux techniques picturales traditionnelles.
-Le rôle du bois-
Le choix du bois amène différentes contraintes :
• Il impose plus ou moins sa forme,
• Sa surface conditionne le travail,
• Dans le temps il évolue, change de couleur
• Chaque socle est réfléchi en fonction de l’œuvre
2. Une recherche plastique libre et intuitive :
Ma démarche s’appuie sur une approche intuitive du processus créatif. Les œuvres naissent d’un dialogue entre gestes, matières et couleurs, plutôt que d’un projet strictement préétabli.
Ce travail privilégie l’exploration plastique et l’expérimentation, laissant une place importante au hasard et à la transformation des matériaux.
3. Une esthétique entre abstraction et paysage intérieur :
Les compositions évoquent souvent des paysages abstraits, minéraux ou cosmiques, où la matière et la couleur suggèrent des univers plutôt qu’elles ne représentent des formes reconnaissables.
L’image devient alors un espace de projection pour le spectateur, entre imaginaire et sensation.
LA PRESSE:
Ouest-France / Pays de la Loire / Nantes / Montaigu / Archives du lundi 24-09-2012
Martine Hugon met en scène la lumière - Montaigu
lundi 24 septembre 2012
--------------------------------------------------------------------------------
Vendredi soir, dans le salon d'honneur de la Maison des associations, Martine Hugon a dévoilé les seize tableaux de son exposition : Personnage, La Poule, Disque, Bouderie... Mais aussi une déclinaison de galets sur fond noir.
Le peintre utilise du vernis acrylique pigmenté sur de grandes plaques d'aluminium. « J'aime les contrastes, la matité, la brillance, le relief. »
Martine Hugon exposera ses tableaux au parc des Rochettes - Montaigu
jeudi 20 septembre 2012
--------------------------------------------------------------------------------
Entretien
Martine Hugon exposera 16 tableaux, du 22 septembre au 7 octobre, au parc des Rochettes.
Quel est votre parcours artistique ?
Enfant déjà, je dessinais. Puis, il y a une dizaine d'années, je me suis orientée vers la sculpture, pour retourner aujourd'hui vers la peinture. Mais je veux garder dans mes toiles le relief, grâce à la matière qui doit donner envie de toucher le tableau. Au début, je peignais des silhouettes de personnages pour m'orienter vers des formes fantomatiques, et maintenant je vais vers l'abstraction, avec des cercles, des carrés...
Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Des 14 ans de mon enfance en Afrique, j'ai gardé en souvenir les couleurs chaudes : mes toiles en sont le rappel. Mes premiers tableaux s'inspirent aussi de silhouettes africaines, élancées et filiformes.
Quand je commence ma toile, j'imagine une forme verticale ou horizontale qui va soutenir ma composition.
Comment peignez-vous ?
Je peins sur une plaque d'aluminium, le support est très mince. Je dépose des couches successives de vernis pigmenté, pour garder la transparence de la matière et jouer avec les couleurs. J'aime les contrastes, la matité, la brillance. Parfois j'y intègre des galets ou un texte que j'ai composé, ou un extrait de poème qui m'a plu. L'angle d'éclairage et la lumière doivent faire vivre le tableau qui n'est jamais figé. Le spectateur, en se déplaçant, modifie sa perception.
Votre état d'esprit pour cette exposition ?
C'est ma première exposition officielle. Je me sens tiraillée entre la crainte de dévoiler mon travail à de nouveaux regards et l'envie de le partager. J'ai voulu casser le côté protocolaire du salon d'honneur des Rochettes ; j'ai disposé des panneaux au centre de la pièce, avec des angles de lumière variés, ainsi le public pourra y circuler à sa guise.